Méthode TEACCH

L’approche développementale:
Le programme TEACCH est une approche développementale qui repose sur les théories cognitivo-comportementales et qui a pour objectif d’améliorer la qualité de vie des personnes avec autisme.

Son efficacité n’est pas encore approuvée scientifiquement mais les résultat des quelques études existantes sont encourageants.

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Objectifs de l’approche :

Le programme TEACCH (Treatment and Education of Autistic and related Communication Handicapped CHildren ou Traitement et Scolarisation des Enfants Autistes ou atteints de Troubles de la Communication similaires) est une approche développementale qui s’inspire également des théories cognitivo-comportementales. L’objectif principal consiste en une amélioration de la qualité de vie des personnes avec autisme au sein de l’environnement familial et scolaire et en une intégration de ces personnes dans la communauté sociale.

Les concepts-clefs de l’approche sont « tolérance, compromis, acceptation et développement personnel de la personne atteinte d’autisme, plutôt que « normalisation » (Mesibov).

Origines de l’approche :

Au début des années 60, en Caroline du Nord aux États-Unis, un groupe psychanalytique organisa, pour les parents d’enfants atteints d’autisme et leurs enfants, une série d’interventions fondées sur des principes psycho-dynamiques.

Un professeur de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, Eric Schopler, participa à ce programme qui consistait alors en une thérapie de groupe pour les enfants qui pouvaient exprimer leurs sentiments en totale liberté et une thérapie de groupe intensive pour les parents, désignés comme responsables des troubles de leurs enfants. Ce programme se solda d’un échec cuisant, puisque les troubles dont souffraient les enfants s’aggravaient, les comportements anormaux se multipliant et empirant, et les enfants ne s’exprimant pas pour autant.

Schopler et son collègue, Robert Reichler, comprirent que cette approche thérapeutique n’était pas la bonne. Leurs recherches s’orientèrent alors dans une autre direction : grâce à leurs observations répétées et objectives des comportements des enfants, ils formulèrent une hypothèse radicale, selon laquelle l’autisme n’était pas provoqué par un dysfonctionnement de la relation entre parents/enfants mais par une anomalie cérébrale organique d’origine inconnue.

En 1966, Schopler et Reichler expérimentèrent de manière empirique leurs notions neuves en matière d’autisme. Dans le cadre d’une demande de subvention fédérale, ils proposèrent un projet de recherche dans le but de développer et de mettre en application des programmes de traitement individualisé pour chaque enfant. Après avoir défini un plan de soins, le projet se proposait de le mettre sur pied en formant les parents à des techniques d’intervention spécifiques et en les aidant à améliorer leurs interactions avec leurs enfants.

Cette innovation connut un véritable succès et beaucoup de parents contribuèrent aux programmes d’intervention par des idées originales.Aujourd’hui, dans certains endroits, la Division TEACCH offre une large variété de services tels que des centres d’évaluation, des thérapies individuelles et un programme d’entraînement de parents. Elle gère aussi des classes intégrées dans les écoles ordinaires et des foyers pour jeunes adultes, des programmes de formation professionnelle, des travaux de recherche, etc.

Théorie sous-jacente :

L’approche est basée sur le respect de « la culture de l’autisme ». La philosophie sous-jacente est que la personne avec autisme doit être considérée comme une personne différente mais pas nécessairement inférieure aux autres.

Les fondements reposent sur une connaissance profonde de l’autisme et de ses caractéristiques propre : besoin irrépressible de suivre des routines, difficultés à traiter les informations verbales et meilleures compétences dans le traitement des informations visuelles.

La prise en charge va ainsi s’articuler autour de 3 concepts clés :

  • Une approche développementale et généraliste : l’enfant est considéré dans sa globalité et tous les domaines de compétences nécessaires vont être développés (motricité, autonomie personnelle et sociale, communication, apprentissages scolaires, etc). Les objectifs sont choisis en fonction du niveau de l’enfant, de ses forces et de ses faiblesses et en fonction de son âge.
  • La collaboration des parents et des professionnels : la collaboration de la famille a un rôle essentiel dans la prise en charge. Il s’agit de mettre en place une réelle complémentarité dans laquelle chacun met en commun ses compétences. D’une part les professionnels aident les parents à mieux comprendre les comportements souvent déroutants de l’enfant et leur apprennent des techniques ou attitudes à adopter au quotidien. D’autre part, les parents sont considérés comme étant les personnes connaissant le mieux leur enfant et sont souvent consultés pour mettre en place les stratégies les plus adaptées.
  • L’importance de l’enseignement structuré : du fait que les personnes avec autisme ont des difficultés à se repérer dans le temps et dans l’espace et que cela peut générer des angoisses importantes, tout leur quotidien va être hautement structuré afin que les choses puissent être plus prévisibles.

Principes d’intervention :

L’intervention repose essentiellement sur l’organisation de l’environnement et la mise en place de séances de travail en individuel. C’est ce qu’on appelle « l’enseignement structuré ».

Des repères concrets, une prévisibilité dans le temps et des aides visuelles permettent à l’enfant avec autisme d’organiser ses comportements, de mieux comprendre son environnement matériel et social, et d’interagir avec lui.

L’enseignement structuré repose sur plusieurs principes :

  • L’organisation physique : les pièces doivent être aménagées de façon à ce que l’enfant puisse repérer facilement quelles activités sont proposées dans chacune des pièces. Des pictogrammes (images simplifiées) sont utilisés dans chaque zone pour signifier l’activité qui correspond à ce lieu. Les lieux doivent également être organisés de sorte que toutes les sources de stimulations (lumières, bruit, etc) soient minimisées.

  • Les emplois du temps visuels : des images sont utilisées pour constituer un emploi du temps individuel pour chaque journée, activité après activité. Cela permet ainsi à l’enfant à mieux se repérer dans le temps et d’avoir une prévisibilité des évènements à venir.

source : http://www.autisme-apprentissages.org/epages/274916.sf/fr_FR/?ObjectPath=/Shops/274916/Products/223111

  • L’organisation visuelle : Des boites contenants les activités de travail sont disposées sur le côté lors des séances et permettent à l’enfant de savoir combien de tâche il va devoir effectuer et dans quel ordre. Le matériel de travail est également adapté pour faciliter les apprentissages.

r faciliter les apprentissages, les méthodes d’enseignement suivantes vont être utilisées :

  • Les directives : les consignes doivent être faciles à comprendre.
  • Les incitations : les aides sont physiques (ex. : guider les gestes), verbales, visuelles, gestuelles.
  • Les renforcements : Ils permettent de créer une motivation pour le travail car la motivation habituelle (satisfaction personnelle, reconnaissance d’autrui) est absente chez la personne autiste.

Organisation de la prise en charge :

La prise en charge est organisée et supervisée par un psychologue TEACCH et l’application des objectifs au quotidien est réalisée par des intervenants formés ou, si cela n’est pas possible, par un des parent. Dans tous les cas, les parents ont un rôle actif dans le travail des objectifs auprès de l’enfant.

La 1ère étape de la prise en charge consiste en une évaluation des compétences de l’enfant grâce au PEP-3. Cette évaluation va permettre de mettre en place un Projet Personnel Individualisé (PEI) qui regroupe les objectifs éducatifs de l’enfant.

Déroulement d’une séance type :

Plusieurs boites contenants les tâches à effectuées sont placées sur une table à côté de l’enfant. Sous chaque boite un pictogramme est affiché pour qu’il puisse repérer de quelle activité il s’agit. Sur la table, une liste sous forme d’images indique à l’enfant les activités qu’il va devoir faire et dans quel ordre.

Le nombre d’activités est fonction du niveau d’attention et de la capacité de l’enfant à rester assis. L’enfant commence toujours par une tâche facile pour lui puis alterne tâches faciles et tâches difficiles durant la séance. Il terminera toujours par une tâche facile.

L’enfant commence sa séance en prenant le premier picto de sa liste et cherche la boite correspondante. Il réalise l’activité, range ensuite la boite et passe à la tâche suivante.

Durant les activités, l’adulte encourage l’enfant et le félicite à chaque fois qu’il termine une activité. Il peut aussi lui apporter des aides spécifiques lors des tâches difficiles (aides physiques, verbales ou visuelles).

Efficacité et validité scientifique :

Quelques études se sont penchées sur l’efficacité du programme TEACCH. Ainsi Panerai, Ferrante, Caputo & Impellizzeri (1998) ont mis en évidence une diminution des comportements inappropriés et une augmentation de la communication spontanée. Ozonoff et Cathcart (1998) ont comparé les performances pré et post intervention. Ils ont montré des gains 3 à 4 fois supérieurs dans le groupe ayant suivi le programme TEACCH par rapport au groupe contrôle dans les domaines de l’imitation, de la motricité fine et globale, des performances cognitives ainsi qu’au niveau du score total du PEP-R. D’autres études ont été menées chez l’adulte. Persson (2000) a mis en évidence une amélioration de la qualité de vie et une augmentation de l’autonomie des adultes placés dans une structure spécialisée utilisant le programme TEACCH. Enfin Van Bourgondien, Reichle & Schopler (2003) ont rapporté que les parents sont plus satisfaits du programme et que les personnes suivant le programme ont moins de comportements inappropriés.

Malgré ces résultats encourageants, il faut néanmoins nuancer les conclusions de ces différentes études. En effet, d’importantes faiblesses méthodologiques ne permettent pas de conclure formellement à l’efficacité du programme TEACCH. Les études citées ci-dessus ont toutes un échantillon faible, aucune n’est randomisée et la moitié n’utilise pas de groupe contrôle ou de groupe de comparaison (Baghdadli et al, 2007). Il est nécessaire que d’autres études se penchent sur ce sujet avec une plus grande rigueur expérimentale. Une fois l’efficacité du programme mise en évidence empiriquement, il serait intéressant d’évaluer ses effets à long terme.

Avantages :

L’adaptation de l’environnement et la structuration du temps et de l’espace permet de rassurer l’enfant. Les parents ont une place privilégiée dans la prise en charge. La prise en charge est globale et prend en compte les forces et les faiblesses de l’enfant.

Inconvénients :

C’est l’environnement et les autres qui doivent s’adapter à l’enfant avec autisme et pas l’inverse, philosophie qui va à l’encontre d’une réelle intégration. La mise en place de routines strictes peut mener à des difficultés de flexibilité chez l’enfant. Les troubles du comportement ne sont pas traités de manière structurée et efficace. Dans le cas des enfants non verbaux, c’est le PECS qui sera privilégié comme mode de communication. Peu de techniques existent dans la méthode TEACCH pour développer le langage oral.

-Source: http://learnenjoy.com/methodes/methode-teacch-lapproche-developpementale/#sthash.zwpIO0eC.dpuf

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